Un coup de main !
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Disclaimer:
This is a work of fiction. Any resemblance of characters to actual persons, living or dead, is purely coincidental. The Author holds exclusive rights to this work. Unauthorized duplication is prohibited.
Un coup de main XXVI
Si vous n’avez pas 18 ans ou l’age légal dans le pays où vous vivez, veuillez quitter maintenant. Ces histoires sont au sujet de garçon ou de garçons gay, si cela n’est pas de votre goût, quittez maintenant. Toute ressemblance avec des personnes ou organisations existantes est purement accidentelle car ceci est une œuvre de pure fiction.Commentaire Jarvis_de_Var2001@yahoo.ca
Jarvis de Var
Correctrice Mikikat
Un coup de main ?
Chapitre XXVI
Nous sortons du bureau et nous changeons au vestiaire. Pendant que nous sommes dans le vestiaire, les quatre pratiquants qui ont ouvert le dojo passent et nous saluent.
Tom me regarde interrogatif, je hausse les épaules.
-Red « Avant toute chose, la bouffe ! »
-Tom « J’aurais dû m’en douter, mon copain est un estomac sur pattes. » Il sourit en me poussant amicalement.
Nous nous rendons près de la gare et y cherchons un restaurant, le quartier est loin d’être touristique. Beaucoup de « cols blancs » (des employés de bureau), la foule est dense et les gens marchent rapidement sans beaucoup se préoccuper les uns des autres. C’est plus l’image de New York que du Japon des Arts Martiaux et du mysticisme. Nous trouvons un restaurant sympathique à nos yeux, ayant une petite table libre au fond. Nous commandons, le service est rapide mais impersonnel.
-Tom « Après notre démonstration, quand nous avons été dans le bureau du sensei du dojo, pourquoi tous ces mystères ? »
-Red « Le sensei agissant du style : un, ce sont des traditionalistes, deux jeunes blancs de quinze ans, suivant un stage de haut niveau, il se devait de vérifier si nous étions à la hauteur. Deux, je ne sais pas ce qu’il y avait sur l’une des deux cassettes, l’une d’elles devait être l’enregistrement de notre démonstration à Burlington, l’autre, j’ai bien peur que ce soit le bulletin des nouvelles du Vermont, j’espère qu’ils le prendront bien. D’ailleurs je crois que c’est la raison pour laquelle nous allons demain matin voir un moine bouddhiste. Probablement une personne que maître Kondo considère comme étant sage et érudite. Pour vérifier notre honorabilité ou bien selon des auteurs classiques, tester nos cœurs et nos reins.»
-Tom prenant ma main. « Donc nous pouvons dormir sur nos deux oreilles parce que tu es mon Sensei, mon Samurai. Tu ne te dérobes pas à tes devoirs mon gentil Seigneur. »
-Red « Chuut !!! » Je passe en français. « N’emploie pas ces titres avec n’importe qui, ici de nombreuses personnes peuvent en être insultées. »
-Tom « Jack te l’a dit, et je suis d’accord avec lui, tu es mon Seigneur, mon chef de guerre. »
-Red « Un rônin c’est bien assez de responsabilités pour moi. »
-Tom « Ton épée tu ne la loues pas, jamais, tu la donnes aux faibles. »
-Red souriant. « Et un rônin qui n’a même pas les sens des affaires. C’est pire encore je ferais aussi bien de continuer à étudier. J’ai plus d’avenir comme prof.»
-Tom « Tu ne veux vraiment pas admettre ton potentiel mauvais garçon, je n’essayerai pas de te faire changer d’idée, tu as la tête dure, c’est ton karma qui va te rattraper. »
-Red « Ce qui doit arriver arrivera. »
Nous finissons notre repas, qui je dois le dire était excellent. Une fois embarqués dans le train, la fatigue de la journée me tombe dessus. Tom semble la sentir aussi. Nous nous appuyons lourdement l’un sur l’autre. Tom me réveille quand nous arrivons à la station, un peu groggy je marche vers l’hôtel, cette petite marche me permet de me réveiller complètement. Nous arrivons à notre chambre puis relaxons avant de nous coucher.
-Red « Demain nous allons au temple avec maître Kondo. Attends toi à n’importe quoi, je n’ai aucune idée de ce qui va arriver. Suis ton instinct. »
-Tom « Oui mauvais garçon, mais tu sais que je vais regarder comment tu réagis car je connais moins que toi ces traditions. »
-Red « Mon beau Tom veux-tu voir le vrai Japon ? »
-Tom « Comment ? »
-Red « Actuellement nous voyons le Japon des traditionalistes, des gens qui ont de l’argent et du pouvoir. Veux tu voir le Japon des ruelles, des bars et des milieux troubles. »
-Tom « Tu t’ennuies Red? Ou alors ton côté rônin cherche un travail non rémunéré. » Je l’enlace et le regarde dans les yeux. « Je suis ton Soigneur, ton ombre; où tu marches je marche. Je suis ton gardien. Oui je veux voir le visage du Japon actuel, ses beautés et ses déficiences.»
Tom se niche confortablement dans mes bras, nos visages sont à un ou deux centimètres l’un de l’autre, je le vois s’endormir puis m’endors à mon tour. La sonnerie du téléphone nous réveille à six heure tapante, douche rapide, déjeuner léger, j’indique à Tom qu’il se peut que l’on ai à méditer un temps. Nous nous habillons normalement, tee-shirt noir, jean noir, bottes de cuir noires, nos vestes de cuir avec nos idéogrammes et tous nos bijoux.
-Tom « Maître Kondo ne nous trouvera pas très chic ! »
-Red « C’est une tenue correcte, pas de nom de groupe ou de matériel ostentatoire tout simplement une tenue de sport. »
En sortant, Tom hésite un instant puis retourne dans la chambre prenant la besace contenant sa trousse de premiers soins. Je trouve ça curieux, mais m’abstiens de commentaires. Nous descendons près du torii. À sept heure, une Rave4 rouge s’arrête devant nous. Maître Kondo nous salue et nous demande si nous nous sommes bien reposés. Nous lui répondons que oui et attendons qu’il nous invite à monter dans le véhicule. Quatre ou cinq secondes passent.
-Kondo « Excusez- moi messieurs, donnez vous la peine de monter à bord de la voiture. »
-Red « Merci maître, c’est un honneur de vous accompagner. »
Nous roulons en silence, pas de radio, le trajet dure environ une heure trente. Nous nous arrêtons devant un petit temple Bouddhiste à la campagne, la Sanmon (porte principale) s’élève devant nous. Elle ouvre sur une grande allée, entourée de jardins zen parfaitement ratissés. Une fois à l’intérieur du bâtiment principal, une forte odeur d’encens nous accueille. Nous arrivons au début d’une cérémonie, les gens sont principalement en kimono, installés en position seza. Maître Kondo enlève ses chaussures et s’installe en position seza près de l’entrée. Nous imitons son exemple. Les quelques moines présents, chantent en chœur le sutra du Lotus, qui résonne dans tout l’intérieur du temple. La prière finie, les gens se lèvent et s’en vont. Maître Kondo reste en place. Le voyant faire, je reste en place moi aussi, Tom m’imite. Les assistants nettoient la salle, balaient autour de nous comme s’ils ne semblaient pas noter notre présence. Une demi-heure après la fin de la cérémonie, maître Kondo se lève et se dirige vers l’avant du temple. J’hésite, mais décide de rester en seza, Tom n’a pas sourcillé. Le moine bouddhiste, qui a présidé le rite, rejoint maître Kondo. Ils parlent entre eux pendant près de quinze minutes, puis maître Kondo revient vers nous.
-Kondo « Messieurs voudriez-vous rester au temple jusqu'à ce que je revienne vous chercher ? »
-Red « Sans problème. Nous vous attendrons ce soir. »
-Kondo me sourit. « Oui. Ce soir. C’est ce que je me disais. »
Il nous salue et nous quitte. Le moine s’agenouille devant l’autel et cesse de bouger, Tom colle sa cuisse gauche sur ma cuisse droite, sentant sa chaleur et sa présence, je m’extrais de moi-même. Étrangement je sens des présences autour de nous, une chaleur et une paix inconnues, le sens de l’harmonie telle que je la ressens quand nous combattons en étant parfaitement synchrones, c’est intense, c’est vraiment sidérant. L’étonnement nuit quelques secondes à ma méditation, je replonge. Les odeurs sont grisantes et capiteuses en même temps. J’ai l’impression de flotter et de plonger plus profondément que jamais en moi, non, en nous, nous sommes nombreux. Beaucoup de douleurs, beaucoup de joies, beaucoup trop pour que je puisse l’appréhender d’un seul coup. Loin de m’irriter, des images rapides, sans aucun sens, m’enivrent. J’ai envie d’éclater de rire. Je sens mon compagnon passer au travers de moi, ce qui provoque une extase non descriptible. Mon âme s’ouvre, je lui montre le moi, celui qui perdure et je le vois lui, moi, nimber de compassion puis tout s’estompe. J’ai froid, très froid. Tout mon corps tremble. Mon menton et mon cou sont couverts de salive. J’ouvre les yeux pour apercevoir trois moines me massant et soufflant sur mes yeux. Malgré la sensation de froid intense, lorsque je tourne les yeux vers ma droite, et vois mon Tom, j’éclate de rire et mon partenaire en fait de même. Je n’ai aucune idée de la raison pour laquelle je ris, mais c’est intense. Pour l’instant j’aime tout, absolument tout, sans réserve, c’est une épiphanie. Je conçois la compassion et je sais que je dois l’oublier pour suivre la route que j’ai choisie. Une pointe de tristesse s’éprend de moi quand je repousse cette tendre chaleur. Je grimace et souris en même temps. Ils nous laissent dans les bras l’un de l’autre sur le plancher du temple. Nous sommes entourés de brûleurs d’encens. Sans un mot, nous naviguons de concert vers le néant.
Un sourire flotte sur mes lèvres. Je me souviens des émotions de la veille. Ouvrant les yeux, je me détends en voyant Tom a porté de bras. Nous sommes couchés par terre, sur le plancher du temple, les moines ont dû nous déposer sur des petits futons. Nous avons été dévêtus et couverts. J’étends la main vers la joue de Tom et la caresse légèrement. Il sourit avant d’ouvrir les yeux, puis attrape ma main et embrasse mes doigts.
-Tom « Tu nous as vu, nous avons été et sommes toujours ensemble. » Souriant béatement. « Je n’ai plus peur de te perdre, je veux te garder avec moi. Mais je sais que tu m’attendras au travers du temps. »
-Red souriant. « Ce n’est pas parce que je t’appelle mon ange que tu as le droit de partir n’importe quand, ne me laisse pas seul. »
Je m’assois et le prends dans mes bras, je le berce doucement. Un moine tousse discrètement pour nous faire savoir qu’il est là.
-Moine « Messieurs voici vos vêtements, le très sage Yoshio Minoru désire votre présence. Maître Kondo est passé pour vous prendre, mais vous vous reposiez. » Il s’incline vers nous reculant vers la porte pour nous y attendre.
Nous nous habillons, roulons les futons, plions les couvertures et nous dirigeons vers la porte. Le moine indiquant le chemin, nous sortons du temple pour nous escorter vers un petit pavillon. Les murs sont en panneaux translucides. Une fois que nous sommes entrés, nous voyons le moine de la veille assit sur un épais coussin derrière une table basse. Il nous fait signe de nous asseoir sur les deux coussins, face à lui. Pendant que nous prenons place, le moine fait coulisser les quatre murs, nous sommes littéralement assis sur une plate-forme dans le jardin. Il se met ensuite, à nous servir un déjeuner constitué de fruits et de sucreries.
-Minoru « Devar-san, Neuville-san, je serais des plus honorés si vous acceptiez de partager ma collation. »
-Red m’inclinant. « Nous sommes honorés d’être en votre présence. Je vous remercie de votre invitation et l’accepte. »
-Tom s’inclinant a son tour. « Merci de votre aimable invitation. » Il me regarde puis se retourne vers Minoru. « Que nous est-il arrivé hier ? »
-Minoru « Vous vous êtes manifestés lors de la méditation, les Ancêtres vous ont aidé et reconnu. La mort ne signifie rien seulement la fin d’un chapitre, dans un livre. Maintenant vous le savez comme vous savez que le soleil existe. » Il nous sourit. « Vous nous avez retrouvés, il y a longtemps que vous n’étiez pas revenu. Allez vous reprendre votre place parmi nous ? »
Nous nous regardons un peu interdit. Tom me fait un signe négatif à peine perceptible.
-Red « Malheureusement nous ne faisons que passer. Il y a de nombreux cas qui nécessitent l’intervention de gens qui peuvent agir dans le nouveau monde. »
-Minoru glousse en me regardant. « Tu ne changeras jamais, l’agent du karma dans toute sa splendeur. » Il regarde Tom. « Mon fils, tu as toujours ta trousse avec toi près à soulager les guerriers et la population. »
-Red « Vous en savez plus sur nous que nous en savons nous-même. Pouvez-vous nous expliquer ? »
-Minoru « Vous vous êtes retrouvés l’un l’autre. Vous savez que la mort n’a aucune importance. Vous savez que vous vous retrouverez encore. Que demander de plus, vous avez des tâches à accomplir. C’est le chemin que vous avez choisi. Espérons que le chapitre sera épique. »
-Tom « Vous savez qui nous avons été? »
-Minoru souriant. « Il faut quelques années pour comprendre vraiment. Avez-vous ce temps Protecteur ? »
Nous mangeons en conversant habilement. Il évite de revenir sur notre expérience, nous conviant à revenir le voir pour nous présenter un maître, un grand artiste. À treize heure, maître Kondo nous rejoint.
-Kondo « Excusez- moi de perturber votre collation. »
-Minoru « Non, vous n’interrompez rien. Nous étions anxieux de bénéficier de votre présence. » Il regarde Kondo et fait un discret oui de la tête.
-Kondo « Devar-san, sur quel mouvement de sabre avez-vous été touché ? »
J’explique les positions que nous avions au début du duel, expiant que mon adversaire a été très rapide. La première passe s’est soldée par mon abdomen et l’intérieur de sa cuisse. Nous avons repris nos gardes, moi pointant sa gorge lui en men. J’ai évité sa lame et lui ai coupé les poignets. Tom profita d’un moment de silence pour intervenir.
-Tom « Il s’est battu en duel contre un expert, avec trois côtes cassées, pour ensuite continuer à faire ce qu’il avait à faire malgré ses blessures et ses douleurs. »
-Kondo « Protecteur, votre compagnon fait ce qui est juste. Sa tâche dépasse sa personne, il a déjà sacrifié sa vie. Il ne sait tout simplement pas quand cela sera nécessaire. »
Il tend la main vers Tom, lui faisant signe de le laisser parler.
« Je lui pose ces questions pour le guider dans son entraînement, pour retarder le coup fatal. »
-Tom « Excusez-moi maître Kondo, je croyais que vous vouliez critiquer mon Sensei. Je vous en demande pardon. »
-Kondo « L’adepte a à cœur les intérêts de son Maître. Je vois que maître Devar a su être un bon enseignant et un ami. En plus d’imposer sa rétribution en tant que samurai. »
-Red « Mes gracieux seigneurs, Tom, je ne suis qu’un rônin. » Je leur souris. « Vous avez de lourdes responsabilités. Pour ma part, je ne fais que vagabonder et aider au hasard les gens qui en ont besoin. Je suis un punk dans l’âme, je ne respecte que ceux qui ont prouvé qu’ils méritent mon respect. Je mérite un peu de votre attention à cause de ce que je fais, pas à cause de ma personne.» Je vois que Tom n’est vraiment pas d’accord, mais maître Kondo prend la parole.
-Kondo « Samurai, vous ne servez pas un seigneur, personne ne vous fourni arme, armure et couvert. » Il regarde Minoru, qui, visiblement opine du chef. « Au nom de maître Takeda Tokimune, vous serez muni de l’armure qui justifiera votre station, des armes ayant une histoire vous seront fournies. Et dans nos registres, vous serez enregistré en tant que samurai, défenseur et exécuteur. » Il regarde Tom. « Protecteur, vous bénéficierez des mêmes avantages, mais serez enregistré en tant que soigneur-combattant. »
-Red « Mes armes m’ont été données par mon sensei. Elles signifient beaucoup pour moi, une grande part de mon âme accompagne ces armes. »
-Kondo « Je m’excuse. J’aurais dû savoir que vous rendriez le respect qui lui est dû à votre sensei. Vous rendez ces armes nobles et nous les acceptons en tant que tels. Accepteriez-vous qu’elles soient bénies et enregistrées, ici, dans ce temple ? »
-Red « Si le Sage Minoru daigne l’accepter, j’en serais honoré. Excusez mon audace, mais serait-il possible de bénir également les armes de mon Soigneur ? »
-Kondo « Pardonnez-moi Soigneur. Il est évident que j’incluais vos armes dans cette cérémonie. Je suis désolé si mon manque de tact vous a blessé. Le fait de vous avoir pour ce stage est une grande faveur pour nous. »
-Tom « Excusez mon impertinence, mais je préfèrerais garder les armes qui m’ont été remises par mon sensei, le Samurai Devar. »
-Kondo « Je comprends et j’approuve. Les artefacts que nous révérons, à l’origine, n’étaient que des armes avant d’avoir une histoire. Vos armes ont déjà quelques combats à leur crédit. Lequel de vous deux écrit les chroniques ? »
-Red « Personne, mais je crois que c’est moi qui devrais les tenir. »
-Kondo « N’oubliez pas de faire parvenir une copie à notre quartier général après votre mort. Et si vous n’avez pas d’héritiers, de faire parvenir vos armes aussi. Nous saurons les préserver et les honorer. Selon votre dossier à la fédération, il y a quelques semaines votre frère Andrew a commencé à suivre la voie ? »
-Red « Mes frères Andrew Devar et Jaques Seguin ont tous deux commencé à suivre la voie. J’espère sincèrement qu’ils ne suivront pas le même chemin que moi. »
-Minoru « Ne vous en faites pas Samurai, les agents du karma sont rares. Peu de gens osent suivre la voie que vous avez choisie, et plus rare encore ceux qui restent au côté de ceux-ci. » Il sourit à Tom, prenant un petit gâteau sucré pour le lui donner.
-Kondo « Vous pouvez venir vous entraîner tous les matins, à partir de neuf heure. Nous serons à votre disposition pour vous entraîner. Quand le stage commencera, vous devrez être au dojo pour neuf heure, les entraînements se termineront à seize heure, et ceci du lundi au vendredi inclusivement.»
-Red, je les salue. « Ce sera une grande joie de bénéficier de vos conseils judicieux et de votre guidance bienveillante. »
-Tom « Merci. Je suis loin de tout comprendre, mais merci tout de même. »
Minoru a un large sourire en entendant ce que dit Tom. Nous quittons le temple et Kondo nous laisse à notre hôtel. La journée a tout de même été assez aisée. Nous prenons un bain puis après avoir mangé, avant seize heure, nous nous habillons avec nos protections et nous équipons de nos matraques japonaises ainsi que de certaines de nos armes secondaires. Nous prenons le train, puis consultons la carte du métro pour trouver ce qui correspond au centre ville. Je dois avouer qu’il semble y avoir plusieurs centres névralgiques à cette mégapole. Je suis mon instinct et choisis un quartier commercial près d’un port, ce qui doit arriver arrivera. Nous marchons dans la foule, c’est encore tôt et il y a encore des employés de bureau qui sortent de leur travail. Nous voyons toutes sortes de jeunes, vaquant à leurs affaires, BCBG, Punk, Rock à Billy, Rocker et même quelques rares sujets, habillés de façon traditionnelle. Quand le jour tombe, de nombreuses enseignes tentent d’attirer les clients : des espèces de salles de jeux avec des billes de métal tombant au hasard, des salles de jeux vidéo immenses, des lumières et du bruit. Au coin d’une ruelle, un bar ou un café, je ne saurais dire. De jeunes punks, avec des Mohawks extravagants; les pics formant leur crête font jusqu’à quinze centimètres de haut, peu pratique pour un corps à corps. Les jeunes Japonais ont vraiment l’air d’enfants comparés à nous. Même Tom, qui a une magnifique baby face, a l’air plus mature qu’eux. L’homme qui vérifie les identités à la porte, jette un regard rapide à nos cartes et empoche les yens. Les clubs sont pareils partout. La musique est forte, je reconnais des pièces d’Offspring chantées avec des voix aiguës et sur un débit ultra-rapide. C’est un groupe composé de trois personnes, ils ont une épingle de sûreté à la place des boucles d’oreille, pantalon ajusté et à carreaux verts sur fond rouge à la Jimmy Rotten. Un japonais teint en blond, cela a tendance à me faire sourire. Nous nous assoyons à une table au fond, nous commandons une Bud. Chose surprenante, ils en ont. Au bout de quelques minutes, Tom me fait signe, il pointe derrière moi en me montrant quatre doigts sur sa cuisse. Je lui souris en repoussant ma chaise. Dès qu’elle n’est plus derrière moi, je pivote rapidement en sortant ma matraque. Je la tiens en main mais ne l’ouvre pas, la gardant comme si c’était un rouleau de pièces de monnaie. Un garçon de ma taille me fait face.
-Red « Pas de dégâts à l’intérieur, nous sortons tous. Quatre contre un, ça ne me pose aucun problème. » Je lui souris.
Brusquement il laisse tomber un butterfly knife dans sa main, il était dans sa manche de veste. Automatiquement j’ôte le cran de sécurité et ouvre la matraque en direction de son menton. Simultanément, je donne un coup de talon sur le dessus de son pied pour lui casser le pied droit. Le ressort ouvre la matraque avec 30 kilogrammes de pression sur 1,5 centimètres de diamètre, mon coup sur son pied porte. Il laisse tomber son arme et la suit immédiatement. Tom bondit à mes cotés, un sai dans chaque main. Il les tient par la garde, en position renversée, la lame le long de l’avant-bras, les manches vers l’avant. Cette position a l’avantage de cacher la porté à l’adversaire. Un des acolytes, armé d’un coutelas, le pointe dans ma direction. La lame ne m’a jamais approché. Tom l’a paré de son sai et a frappé le garçon sur le dessus de la tête avec le deuxième sai. L’altercation passe quasi inaperçue. Les deux autres partent sans demander leur reste. Mon gentil Tom récupère sa trousse et examine les blessés. Le garçon à qui j’ai frappé le dessus du pied est celui qui est en mauvais état. Il a le pied cassé et gémit pendant que Tom lui enlève sa botte. J’attrape celui qui voulait me caresser les côtes de sa lame et l’assoit brusquement à notre table.
-Red, ayant à parler très fort pour qu’il me comprenne en raison de la musique. « Ne bouge pas et ferme la sinon je te casse une jambe. »
-Tran « Oui, désolé. »
-Red « Soigneur comment va l’autre amateur de lame ? »
-Tom me souriant largement. « Samurai tu aurais pu éviter de lui casser le pied. La lèvre a éclaté, il n’y a rien là. » Il regarde son patient. « Hey ! Le voleur! Je peux te recoudre l’intérieur de la lèvre, si tu as assez d’endurance. Je n’ai pas d’anesthésique. »
-Wata, prenant une grande respiration. « Allons dans les toilettes nous attirerons moins l’attention. »
Tom ramasse sa besace et soutient son patient vers les toilettes. Pour ma part je ferme ma matraque et remets le coutelas à l’autre. Quand il tend la main, je l’attire vers moi et le fouille rapidement prenant son portefeuille. Je prends note de son nom et de son adresse.
-Red « Tu suis, si jamais tu as blessé ou tué un innocent, je vais te le faire payer. Maintenant allons voir si ton copain a du courage. » Je lui remets son coutelas et son portefeuille, je le regarde dans les yeux, difficile de voir s’il est nerveux.
-Tran « Allons voir. »
Nous marchons en parallèle, à un bras de distance. Nous nous gardons à l’œil. Visiblement il attend le moindre signe de faiblesse de ma part pour glisser sa lame entre mes côtes. Arrivant à la chambre de bain, je m’efface en ouvrant la porte, pour ne pas perdre la face il passe en pivotant pour me faire face. Il sursaute, prenant son arme. Quand je prends l’éventail de fer à ma ceinture, je lui souris en frappant mon avant-bras avec l’éventail. Un son sourd de deux solides qui se rencontrent. Il grimace et remet sa lame dans son fourreau. Entendant de légers gémissements, j’ouvre la porte de la stalle des handicapés. Le garçon a les mains crispées sur la lunette des wc pendant que Tom finit de lui faire un deuxième point. Je vois les yeux de Tom s’écarquiller et sa bouche s’ouvrir. Je me laisse tomber latéralement, une légère pression sur mon avant-bras gauche. Je crochète sa cheville gauche avec mon pied droit et frappe son genou gauche de mon talon du pied gauche. Sa jambe prend un angle fantaisiste. Il hurle littéralement en tombant sur le sol. Je roule sur lui et l’anesthésie d’un étranglement sanguin en collier arrière.
-Red « Tu peux continuer Soigneur. »
-Tom s’essuyant le front. « Samurai, arrête de t’amuser. »
Je me saisis de la brute épaisse et l’assois dans une des stalles. Il revient trop rapidement à lui-même.
-Red « Soigneur as-tu de quoi endormir mon sauvage, il se réveille et va gueuler encore. »
-Tom « Attend. Laisse-moi vérifier ce que j’ai. »
-Wata articulant avec difficulté. « Soigneur, dans ma veste prend une enveloppe. »
Tom repêche une petite enveloppe de plastique contenant une poudre beige. Il me regarde d’un air interrogatif.
-Red « Du smack Soigneur. »
-Tom « Du quoi ? »
-Red, je lui souris. « De l’héroïne mon ami. »
-Wata « Tu ne connais pas les affaires Soigneur. Moi qui croyais que vous vouliez nous évincer de la place. »
-Tom « Arrête de parler. Je vais essayer d’immobiliser ton pied. »
Pendant que Tom soigne le boss, j’entre dans l’autre stalle et bouche une narine du garçon inconscient mettant la poudre sous son autre narine. Il aspire un peu de la poudre mais pas assez. J’ôte ma main et lui donne un coup de genou au plexus d’une puissance moyenne. Il se plie en deux. Je le relève en mettant ma main sous son nez. Cette fois ci une bonne partie de la poudre pénètre son nez. Il ne tarde pas à éternuer.
Bon que faire maintenant? Nous avons affaire à des criminels, pas vraiment nouveau pour moi. Mais ils ont l’air de régler leurs problèmes manu militari. Font-ils cela entre eux ou abusent-ils d’innocents? Faudra voir. Ce sont des marchands de mort, à leur défense je suppose qu’ils ne forcent personne à prendre cette dépendance. Nous allons voir s’ils peuvent devenir de bons rabatteurs pour nous. Le garçon devant moi a essayé de m’occire deux fois. Je lui ai défoncé le ménisque intérieur de la jambe gauche et probablement une bonne partie des ligaments. Peut-être qu’il pourra marcher correctement un jour, cela devrait suffire. S’il a peine à tenir debout et/ou à courir, il sera un danger moins grand pour les autres. Merde! Il a coupé la manche gauche de ma veste de cuir, je vais devoir la faire remplacer.
La porte de la salle de toilettes s’ouvre. Je sors de la stalle où le garçon est affalé. Devant moi, se tient un Japonais, peut-être trente ans, c’est difficile à dire. Je cache mon steel fan le long de mon avant-bras en fermant la porte de la stalle derrière moi. Il n’a pas de réaction, il se peut qu’il n’ait pas vu. Je me dirige lentement vers les lavabos pour me laver les mains. Pendant qu’il revient de l’urinoir, un grognement s’échappe de la stalle pour handicapé, je regarde l’homme et hausse les épaules en lui souriant. Il est si surpris, qu’il sort rapidement sans se laver les mains… quel cochon! J’ouvre la porte de la stalle pour handicapé.
-Red « Tu as bientôt fini Soigneur? Nous allons attirer d’autres problèmes si nous restons ici. »
-Tom « Quelques minutes Samurai, tu ne m’as pas facilité le travail. »
-Wata « Ouch! Prends le temps qu’il te faut Soigneur. »
-Tom « Tu devras tout de même aller à l’hôpital pour des radios et probablement pour replacer tes os. Tu dois te faire poser un plâtre ou te faire immobiliser avec une orthèse de fibre plastique. »
-Red « Ton copain au coutelas a un genou de sauté, il doit aller à l’hôpital aussi. Nous allons vous aider à sortir d’ici, puis vous mettre dans un taxi.»
-Wata « Allez-vous revenir pour que nous puissions nous expliquer et savoir ce que vous faites ici ? »
-Red « Allez à l’hôpital, nous reviendrons dans deux jours. Lundi vers vingt-et-une heure. Nous parlerons, ou si vous préférez nous nous battrons encore. » J’ai un sourire qui se veut malicieux en lui disant cela.
-Wata « Il faudrait que j’ai de meilleurs soldats, et je vais perdre mon temps à me faire traiter. » Il me sourit. « Deux blancs qui se battent avec efficacité et qui s’appellent Soigneur et Samurai, hein ? »
Je lui dis de mettre ses questions sur la glace et de s’appuyer sur le Soigneur pour sortir du club. De mon côté, je traîne littéralement ma victime à l’extérieur. Nous hélons rapidement une voiture taxi et y enfournons les deux vendeurs de drogues. En marchant lentement dans le quartier, j’explique à Tom que pour survivre, nos amis, pourrait-on dire, doivent savoir le code de conduite de la rue. Ce sont des règles implicites, que nous ne pouvons comprendre au premier abord. Nos rabatteurs potentiels ne sont pas blancs comme neige et c’est tant mieux. Par eux nous pourrons juger leurs amis et ennemies. Choisir ce qui appelle notre attention. Tom me fait remarquer que de nombreuses jeunes filles, ou garçons, se tiennent par les épaules ou par la taille. Il me demande si nous sommes dans le quartier gay. Je lui réponds que je ne pense pas. Si je me souviens bien, dans cette région du monde, les démonstrations d’affection entre membres d’un même sexe ne sont pas vues comme douteuses ou signes d’homosexualité. C’est tout simplement comme un signe d’intimité et d’affection. Sans attendre, il me prend par la taille et s’appuie sur moi. Nous finissons par reprendre le métro puis le train rapide pour revenir à notre hôtel. Pendant que Tom prend sa douche, j’appelle la réception pour que l’on me réveille à cinq heure le matin. Après mes ablutions nous nous retrouvons sur un de nos futons. Tom se colle tout contre moi.
-Tom « Tu t’es amusé mon adrénaline junky? » Il m’embrasse. « Pas eu de problèmes ce soir? »
-Red « Non grâce à toi. Tu as été très efficace avec tes sai! Mais l’épais a coupé la manche de ma veste. »
-Tom « C’est toi qui lui as rendu son coutelas. »
-Red « Que veux-tu… Je fais confiance aux gens. »
-Tom « Conte cela à d’autres, tu lui as laissé assez de corde pour se pendre lui-même. »
Tom emprisonne une de mes jambes entre les siennes en m’enlaçant de ses bras. Je le sens s’assoupir entre mes bras, je développe une demi-érection, mais suis trop bien pour initier quoi que ce soit.
La sonnerie du téléphone me tire du sommeil au premier coup. Je réponds immédiatement pour éviter de réveiller mon ange. Il marmonne dans son sommeil. Je me lève et procède à mes obligations matinales. Je m’assois devant notre table basse avec l’ordi pour y débuter mes chroniques. Je commence la première partie qui concerne ma fascination pour les samurai, leurs codes et leur histoire, mon entraînement intensif, la dévotion que j’ai apportée aux principes que j’ai trouvés auprès de maître Blanc et dans les livres que j’ai lu. Rendu à ce point, une alarme se fait entendre sur mon portable. Il est six heure. Je réveille mon beau Tom en l’embrassant. Il procède à ses ablutions matinales. Nous déjeunons puis quittons pour nous rendre au dojo. Nous arrivons vers huit heure trente. Nous attendons devant les portes que les pratiquants seniors arrivent pour les ouvrir. Je suis pris en charge par l’assistant de maître Kondo et fais de l’escrime toute la matinée. Tom, avec deux autres pratiquants, perfectionne ses techniques de clef et de projection en sen no sen et en go no sen (à la saisie et à l’instant précédant la saisie). Le travail est intense. Je combats mon adversaire, mais il n’y a pas de synchronisme, ce n’est pas comme avec Tom. Mais il est très bon, ses attaques sont rapides et presque imprévisibles. J’ai beaucoup de plaisir. Nous interrompons l’entraînement à quatorze heure. Tom et moi nous nous rejoignons sous la douche. Quelques élèves finissent de s’habiller pour leurs cours. Nous avons la douche pour nous seuls. L’assistant de maître Kondo, Kano, nous informe que son maître aimerait nous rencontrer dans son bureau.
-Red « Merci Kano-san. Excusez-moi, pourriez-vous me renseigner? Je dois faire réparer ma veste de cuir. Connaissez-vous un bon artisan ? »
-Kano « Je vais me renseigner sans tarder, ne vous en faites pas Devar-san. »
-Red « Je vous serais reconnaissant de bien vouloir m’appeler Red. Vous êtes mon aîné et j’ai l’impression que vous parlez à mon père. Quand nous sommes entre nous, bien entendu, si vous agréez. »
-Tom « Et moi vous pouvez m’appeler Tom. »
-Kano « Vous m’honorez de votre amitié, vous pouvez m’appeler Kano et, pour la réparation, je vous donne une adresse avant que vous ne partiez. »
Je frappe à la porte du bureau de maître Kondo. Il est debout derrière son bureau. Dès que nous entrons, il fait le tour de celui-ci pour nous accueillir, et nous désigne des chaises. Il nous demande si nous avons des projets pour la semaine prochaine. Nous répondons que non. Nous sommes ici pour apprendre et nous perfectionner.
-Kondo « Je vous ai fait demander pour prendre vos mesures. Si vous le permettez ? »
Nous répondons qu’il n’y a pas de problème. Puis il prend un ruban à mesurer et un palm pilot pour prendre des notes. Il procède à de nombreuses mesures sur Tom et moi. Avant que nous sortions, Kano me remet une note avec l’adresse d’un mercier travaillant le cuir. Nous décidons de manger un peu pour ensuite nous y rendre. Nous savourons des sushi dans un petit restaurant près du dojo.
-Tom « Red, demain après-midi, penses-tu que nous aurons le temps de visiter les jardins du palais impérial ? »
-Red « Je ne sais pas. Je sais que nous pouvons avoir accès au palais impérial le deux janvier et à la fête de l’Empereur, mais je ne connais pas la date. Nous pourrons vérifier ce soir. »
-Tom « Selon la carte c’est au cœur de Tokyo, j’aurais cru que ce serait ouvert au public. »
-Red en souriant. « Soigneur le Tenno Aihito habite toujours le palais avec sa famille et je ne suis pas un Hatamoto.»
-Tom « Très drôle Red ce n’est pas moi qui étudie l’histoire. Explique-moi ce charabia. »
-Red je lui fais une grimace. « Tenno signifie Empereur Céleste et Hatamoto était le titre donné aux samurai servant directement le Tenno. Même si nous n’avons pas accès aux jardins nous pouvons accéder au pont Nijubashi et voir le Palais.»
-Tom « D’accord mon Samurai compris et enregistré. » Il me sourit largement.
-Red « Tom je ne saurais obéir aveuglément à un seigneur. Tu m’appelles Samurai parce que tu m’aimes et cela me rend heureux. Je sers un principe, si tu préfères, je sers la roue en substance. Je suis un rônin rien de plus, rien de moins. L’association peut me reconnaître le titre de samurai car je soutiens une tradition. Mais en soit, outre maître Takeda, lui-même descendant de samurai et héritier de la lignée du clan des Aizu, aucune personne n’a la légitimité de me prendre comme apprenti et de me reconnaître samurai. Et si maître Takeda me le proposait, je ne sais si j’accepterais de grandes responsabilités et d’encore plus grandes obligations. »
-Tom « Le premier seigneur a soudainement dit : je suis un seigneur, et a choisi certains guerriers comme étant ses adjoints. Tout cela a eu un début, ce n’était pas préexistant au monde. » Il me sourit. « Comme l’a dit Jack tu es un seigneur. Le protecteur de ceux qui n’en ont pas. Tu vagabondes pour les trouver et tu agis. Certains anges sont des anges vengeurs. Ils sont tatoués, portent des piercings et font comme s’ils avaient peu d’émotions. Ce sont les durs du ciel. » Une larme coule sur sa joue, j’ai de la difficulté à avaler, une grosse boule me serre la gorge.
-Red « Ok Tom finissons de manger et rendons nous à cette mercerie. »
C’est à une bonne distance du dojo. Cela prend plus de vingt minutes par le métro. Nous arrivons devant le commerce et j’ai l’impression que Kano s’est trompé. La devanture est étincelante, de nombreux complets et ensemble trois pièces sont exposés en vitrine. La chose qui m’incite à entrer est qu’il y a aussi des ensembles de cuir et des Perfecto très chics. À l’entrée, près d’une caisse enregistreuse, trois hommes en complet parlent. L’un d’entre eux s’approche et nous salue en anglais, je lui souris et le salue en japonais.
-Red « Monsieur, votre établissement m’a été conseillé car j’ai à faire réparer ma veste. » Je l’enlève et lui montre les dégâts.
-Vendeur « Attendez une minute s’il vous plait messieurs. »
Au bout d’environ cinq minutes, nous voyons un homme d’environ quarante ans, plus sobrement vêtu, qui s’approche.
-Anko « Vous êtes Devar-san et Neuville-san ? »
-Red « Oui. À qui avons-nous l’honneur de parler ? »
-Anko « Excusez-moi, j’ai été surpris par votre jeunesse à tous les deux. Je m’appelle Anko. Je suis le co-propriétaire de cet humble établissement.»
-Red « Voyez. C’est vraiment un travail mineur de réparation. »
-Anko « Pour bien faire, il faudrait changer la manche. Ce type de cuir est assez courant et la veste est quasi neuve. Il ne devrait pas y avoir de différence de couleurs. Ce peut être prêt pour le lundi après-midi. »
-Red « Parfait Anko-san. »
J’enlève ma veste et la lui remets. Nous passons à la caisse. Il remplit un coupon et m’indique le prix de la réparation. Nous le saluons et quittons. Nous retournons à la gare puis à l’hôtel. Nous vérifions sur le net, l’Empereur est né le 23 décembre, nous pourrions visiter les jardins du palais impérial que si nous retardions notre départ. Je demande à Tom ce qu’il en pense. Il me répond que nous aviserons, et je lui propose de téléphoner à nos familles. Il sourit à cette idée.
-Mère « Résidence Devar. »
-Red « Bonjour mom comment vas-tu ? »
-Mère « Reginald je suis contente de t’entendre! Tu appelles tôt, il n’y a pas de problème ? »
-Red « Il est dix-huit heure ici et il est sept heure au Québec selon mon ordi. Non il n’y a pas de problème. Comment allez-vous ? Comment vont pap et les petits?»
-Mère « Ton père est à Montréal, le travail, j’ai dû traîner de force Andrew et Jacques. Ils ne voulaient pas cesser leur entraînement. Une chance que M. Blanc est de mon côté. Attend, je vais réveiller les petits. »
-Jack, d’une voix essoufflée. « Bonjour Red! Dis bonjour à Tom! Comment vas-tu ? » À voix très basse. « Je m’ennuie de vous deux Maître. »
-Red « Je vais très bien, Tom aussi, vous pouvez pratiquer ce que vous avez appris ensemble Drew et toi. Je m’ennuie aussi Jack, malgré le fait que nous n’avons pas beaucoup de temps à nous. »
-Jack « Je te passe Mike, il me regarde avec des gros yeux. »
-Mike « Comment ça va Red ? En forme? As-tu vu des Geisha ? Comment c’est à Tokyo ? »
-Red « Ça va bien je suis en forme! Non nous n’avons pas été dans les endroits pour cela. C’est trois ou quatre fois plus grand que Montréal : beaucoup de personnes, une circulation intense et toutes sortes de gens. »
-Mike « Je t’embrasse et je te passe Drew, il est à demi endormi. »
-Drew, étouffant un bâillement.« Bonjour Red ça va ton voyage ? »
-Red « Oui et toi tes vacances ? »
-Drew « Excellent, M. Blanc nous a donné des boken pour que nous nous entraînions au chalet. Jack me frappe en do de façon régulière, j’arrive pas à trouver son truc. »
-Red « Demande à M. Blanc de regarder vos passes d’armes quand vous allez revenir en ville. Je suis certain qu’il pourra te conseiller. J’embrasse tout le monde, Tom aussi, prenez soin de vous. Je veux vous voir tous en revenant. »
Quand je termine mon appel Tom a déjà terminé le sien. Il me fait un sourire un peu triste et vient se blottir dans mes bras. J’active le winamp de mon ordi et mets du Offspring, je me dis que je devrais acheter des haut-parleurs pour mon portable.
-Red « Tes parents te manquent ? »
-Tom « C’est drôle… Mes parents et le Québec… leur parler m’a rendu comme nostalgique. »
-Red « Nous sommes ensemble. » Je lui caresse la mâchoire. « Tu es mon remède contre les idées sombres. » Je me penche sur lui et l’embrasse doucement puis avec de plus en plus de passion.
-Tom « Nous mangeons à l’hôtel ce soir. »
-Red « Appelle et commande. Je vais me laver. »
-Tom « Ok mais je commande du bœuf, j’en ai raz le bol du poisson. »
Je ris un peu en entendant Tom pester légèrement. C’est vrai que le poisson normalement j’en mange un à deux repas par semaine au maximum. Ça fait bizarre d’en manger aussi souvent. Quand je reviens dans la chambre Tom est en train de lire ce que j’ai écrit ce matin.
-Tom « Tu vas parler de notre rencontre ? »
-Red « Oui, mais ne t’inquiète pas, ce sera un document posthume… »
-Tom « Je ne m’en fais pas, j’ai hâte de le lire, tu vas parler de tout, de mon frère et du reste. »
-Red « Oui, le but des chroniques est de raconter les bons comme les mauvais coups pour éviter aux suivants de faire les mêmes erreurs. »
-Tom me souriant. « Il va y avoir des scènes érotiques ? »
-Red « Non ce n’est pas un document sur nos personnes mais sur nous et notre époque, ou mieux, comment nos convictions sont structurantes sur nos actions à notre époque. Techniquement et réellement, nous agissons hors la lois. Nos actes à ce jour ne tiennent pas compte des lois en vigueur. Dans l’ordre strict des choses,nous sommes des criminels, mais moralement je me sens dans mon droit. J’espère que tu es aussi confortable que moi avec ça. Quand je te regarde, quand je pense aux petits de Burlington et de St. Adèle, je suis heureux de la voie que j’ai choisie. Quand je te vois à mes cotés, fier de ta personne, de nous, je sais que nous sommes dans notre droit. Le droit de tout être libre agissant selon ses convictions. »
-Tom « Tu as raison, je vais écrire un livre sur nous. Quand nous aurons mangé, j’aurai besoin de matériel pour, qu’en penses-tu ? » Il y a une étincelle dans son regard.
Tom va prendre sa douche pendant que j’écris. Demain soir, le rendez-vous avec Wata. Nous allons arriver vers dix-huit heure et surveiller le club avant d’y entrer. Nous partirons deuxième car nous sommes très visibles et c’est leur territoire, d’un autre coté, ils devraient être confiant, même trop confiant, ça devient alors notre avantage. Ils risquent de faire des erreurs s’ils essaient de nous tromper, ou de nous tomber sur le poil. Tom sort de la douche en robe de chambre, il vient s’asseoir près de moi et regarde ce que j’écris en attendant le service de chambre. Quand ils installent notre table, je vois qu’il a commandé du bœuf braisé à la menthe et aux piments avec des cheveux d’ange et de la sauce poisson, en entrée de la soupe au bœuf et des petites pâtes, pour le dessert des gâteries traditionnelles, en partie faites à base de fleurs. Nous mangeons avec appétit. Après le repas nous déroulons un des futons, Tom m’ôte mes boxer Brief pour prendre résidence entre mes bras, sa robe de chambre s’entrouvre et laisse voir son corps. J’effleure ses mamelons, je l’embrasse, me mets à le lécher un peu partout. Au bout d’une dizaine de minutes nous produisons tous les deux une grande quantité de lubrifiant, l’excitation est forte. Tom prend une bouteille de lubrifiant dans la boite où nous rangeons les futon, il s’en enduit et m’en recouvre pendant que je lui mordille le cou et les oreilles, je joue avec les anneaux qui ornent son oreille gauche. Nous nous installons sur le côté droit, il lève la jambe gauche pour me donner accès. La pénétration est moins profonde dans cette position et l’angle pour frapper sa prostate n’est pas le même. Après quelques ajustements, nous nous aimons sur un rythme lent. J’ai accès, avec ma main gauche à ses mamelons et à son magnifique pénis. Quand il tourne la tête sur le coté nous nous embrassons. Son corps est appuyé sur moi, je peux sentir la tension qui monte en lui. Nous arrêtons à plusieurs reprises nos mouvements et jouissons de notre chaleur, baignant nos corps l’un dans l’autre pour ensuite reprendre les mouvements menant à l’extase, la jouissance. À cinq reprises nous nous arrêtons au seuil, puis le calme revenu nous remontons vers l’extase pour la refuser. Douce torture. Nous suons et nos sensibilités deviennent exacerbées, j’entends mon beau Tom geindre. Je veux tellement jouir que je grince des dents. J’explose et je sens Tom relâcher son sperme dans ma main, de grands spasmes traversant son corps à de nombreuses reprises. Je ne pense même pas à parler de lavage, je sombre dans un sommeil heureux tenant mon ange entre mes bras. C’est lui l’ange, le vrai.
Jarvis de Var
Correctrice Mikikat
Un coup de main ?
Chapitre XXVI
Nous sortons du bureau et nous changeons au vestiaire. Pendant que nous sommes dans le vestiaire, les quatre pratiquants qui ont ouvert le dojo passent et nous saluent.
Tom me regarde interrogatif, je hausse les épaules.
-Red « Avant toute chose, la bouffe ! »
-Tom « J’aurais dû m’en douter, mon copain est un estomac sur pattes. » Il sourit en me poussant amicalement.
Nous nous rendons près de la gare et y cherchons un restaurant, le quartier est loin d’être touristique. Beaucoup de « cols blancs » (des employés de bureau), la foule est dense et les gens marchent rapidement sans beaucoup se préoccuper les uns des autres. C’est plus l’image de New York que du Japon des Arts Martiaux et du mysticisme. Nous trouvons un restaurant sympathique à nos yeux, ayant une petite table libre au fond. Nous commandons, le service est rapide mais impersonnel.
-Tom « Après notre démonstration, quand nous avons été dans le bureau du sensei du dojo, pourquoi tous ces mystères ? »
-Red « Le sensei agissant du style : un, ce sont des traditionalistes, deux jeunes blancs de quinze ans, suivant un stage de haut niveau, il se devait de vérifier si nous étions à la hauteur. Deux, je ne sais pas ce qu’il y avait sur l’une des deux cassettes, l’une d’elles devait être l’enregistrement de notre démonstration à Burlington, l’autre, j’ai bien peur que ce soit le bulletin des nouvelles du Vermont, j’espère qu’ils le prendront bien. D’ailleurs je crois que c’est la raison pour laquelle nous allons demain matin voir un moine bouddhiste. Probablement une personne que maître Kondo considère comme étant sage et érudite. Pour vérifier notre honorabilité ou bien selon des auteurs classiques, tester nos cœurs et nos reins.»
-Tom prenant ma main. « Donc nous pouvons dormir sur nos deux oreilles parce que tu es mon Sensei, mon Samurai. Tu ne te dérobes pas à tes devoirs mon gentil Seigneur. »
-Red « Chuut !!! » Je passe en français. « N’emploie pas ces titres avec n’importe qui, ici de nombreuses personnes peuvent en être insultées. »
-Tom « Jack te l’a dit, et je suis d’accord avec lui, tu es mon Seigneur, mon chef de guerre. »
-Red « Un rônin c’est bien assez de responsabilités pour moi. »
-Tom « Ton épée tu ne la loues pas, jamais, tu la donnes aux faibles. »
-Red souriant. « Et un rônin qui n’a même pas les sens des affaires. C’est pire encore je ferais aussi bien de continuer à étudier. J’ai plus d’avenir comme prof.»
-Tom « Tu ne veux vraiment pas admettre ton potentiel mauvais garçon, je n’essayerai pas de te faire changer d’idée, tu as la tête dure, c’est ton karma qui va te rattraper. »
-Red « Ce qui doit arriver arrivera. »
Nous finissons notre repas, qui je dois le dire était excellent. Une fois embarqués dans le train, la fatigue de la journée me tombe dessus. Tom semble la sentir aussi. Nous nous appuyons lourdement l’un sur l’autre. Tom me réveille quand nous arrivons à la station, un peu groggy je marche vers l’hôtel, cette petite marche me permet de me réveiller complètement. Nous arrivons à notre chambre puis relaxons avant de nous coucher.
-Red « Demain nous allons au temple avec maître Kondo. Attends toi à n’importe quoi, je n’ai aucune idée de ce qui va arriver. Suis ton instinct. »
-Tom « Oui mauvais garçon, mais tu sais que je vais regarder comment tu réagis car je connais moins que toi ces traditions. »
-Red « Mon beau Tom veux-tu voir le vrai Japon ? »
-Tom « Comment ? »
-Red « Actuellement nous voyons le Japon des traditionalistes, des gens qui ont de l’argent et du pouvoir. Veux tu voir le Japon des ruelles, des bars et des milieux troubles. »
-Tom « Tu t’ennuies Red? Ou alors ton côté rônin cherche un travail non rémunéré. » Je l’enlace et le regarde dans les yeux. « Je suis ton Soigneur, ton ombre; où tu marches je marche. Je suis ton gardien. Oui je veux voir le visage du Japon actuel, ses beautés et ses déficiences.»
Tom se niche confortablement dans mes bras, nos visages sont à un ou deux centimètres l’un de l’autre, je le vois s’endormir puis m’endors à mon tour. La sonnerie du téléphone nous réveille à six heure tapante, douche rapide, déjeuner léger, j’indique à Tom qu’il se peut que l’on ai à méditer un temps. Nous nous habillons normalement, tee-shirt noir, jean noir, bottes de cuir noires, nos vestes de cuir avec nos idéogrammes et tous nos bijoux.
-Tom « Maître Kondo ne nous trouvera pas très chic ! »
-Red « C’est une tenue correcte, pas de nom de groupe ou de matériel ostentatoire tout simplement une tenue de sport. »
En sortant, Tom hésite un instant puis retourne dans la chambre prenant la besace contenant sa trousse de premiers soins. Je trouve ça curieux, mais m’abstiens de commentaires. Nous descendons près du torii. À sept heure, une Rave4 rouge s’arrête devant nous. Maître Kondo nous salue et nous demande si nous nous sommes bien reposés. Nous lui répondons que oui et attendons qu’il nous invite à monter dans le véhicule. Quatre ou cinq secondes passent.
-Kondo « Excusez- moi messieurs, donnez vous la peine de monter à bord de la voiture. »
-Red « Merci maître, c’est un honneur de vous accompagner. »
Nous roulons en silence, pas de radio, le trajet dure environ une heure trente. Nous nous arrêtons devant un petit temple Bouddhiste à la campagne, la Sanmon (porte principale) s’élève devant nous. Elle ouvre sur une grande allée, entourée de jardins zen parfaitement ratissés. Une fois à l’intérieur du bâtiment principal, une forte odeur d’encens nous accueille. Nous arrivons au début d’une cérémonie, les gens sont principalement en kimono, installés en position seza. Maître Kondo enlève ses chaussures et s’installe en position seza près de l’entrée. Nous imitons son exemple. Les quelques moines présents, chantent en chœur le sutra du Lotus, qui résonne dans tout l’intérieur du temple. La prière finie, les gens se lèvent et s’en vont. Maître Kondo reste en place. Le voyant faire, je reste en place moi aussi, Tom m’imite. Les assistants nettoient la salle, balaient autour de nous comme s’ils ne semblaient pas noter notre présence. Une demi-heure après la fin de la cérémonie, maître Kondo se lève et se dirige vers l’avant du temple. J’hésite, mais décide de rester en seza, Tom n’a pas sourcillé. Le moine bouddhiste, qui a présidé le rite, rejoint maître Kondo. Ils parlent entre eux pendant près de quinze minutes, puis maître Kondo revient vers nous.
-Kondo « Messieurs voudriez-vous rester au temple jusqu'à ce que je revienne vous chercher ? »
-Red « Sans problème. Nous vous attendrons ce soir. »
-Kondo me sourit. « Oui. Ce soir. C’est ce que je me disais. »
Il nous salue et nous quitte. Le moine s’agenouille devant l’autel et cesse de bouger, Tom colle sa cuisse gauche sur ma cuisse droite, sentant sa chaleur et sa présence, je m’extrais de moi-même. Étrangement je sens des présences autour de nous, une chaleur et une paix inconnues, le sens de l’harmonie telle que je la ressens quand nous combattons en étant parfaitement synchrones, c’est intense, c’est vraiment sidérant. L’étonnement nuit quelques secondes à ma méditation, je replonge. Les odeurs sont grisantes et capiteuses en même temps. J’ai l’impression de flotter et de plonger plus profondément que jamais en moi, non, en nous, nous sommes nombreux. Beaucoup de douleurs, beaucoup de joies, beaucoup trop pour que je puisse l’appréhender d’un seul coup. Loin de m’irriter, des images rapides, sans aucun sens, m’enivrent. J’ai envie d’éclater de rire. Je sens mon compagnon passer au travers de moi, ce qui provoque une extase non descriptible. Mon âme s’ouvre, je lui montre le moi, celui qui perdure et je le vois lui, moi, nimber de compassion puis tout s’estompe. J’ai froid, très froid. Tout mon corps tremble. Mon menton et mon cou sont couverts de salive. J’ouvre les yeux pour apercevoir trois moines me massant et soufflant sur mes yeux. Malgré la sensation de froid intense, lorsque je tourne les yeux vers ma droite, et vois mon Tom, j’éclate de rire et mon partenaire en fait de même. Je n’ai aucune idée de la raison pour laquelle je ris, mais c’est intense. Pour l’instant j’aime tout, absolument tout, sans réserve, c’est une épiphanie. Je conçois la compassion et je sais que je dois l’oublier pour suivre la route que j’ai choisie. Une pointe de tristesse s’éprend de moi quand je repousse cette tendre chaleur. Je grimace et souris en même temps. Ils nous laissent dans les bras l’un de l’autre sur le plancher du temple. Nous sommes entourés de brûleurs d’encens. Sans un mot, nous naviguons de concert vers le néant.
Un sourire flotte sur mes lèvres. Je me souviens des émotions de la veille. Ouvrant les yeux, je me détends en voyant Tom a porté de bras. Nous sommes couchés par terre, sur le plancher du temple, les moines ont dû nous déposer sur des petits futons. Nous avons été dévêtus et couverts. J’étends la main vers la joue de Tom et la caresse légèrement. Il sourit avant d’ouvrir les yeux, puis attrape ma main et embrasse mes doigts.
-Tom « Tu nous as vu, nous avons été et sommes toujours ensemble. » Souriant béatement. « Je n’ai plus peur de te perdre, je veux te garder avec moi. Mais je sais que tu m’attendras au travers du temps. »
-Red souriant. « Ce n’est pas parce que je t’appelle mon ange que tu as le droit de partir n’importe quand, ne me laisse pas seul. »
Je m’assois et le prends dans mes bras, je le berce doucement. Un moine tousse discrètement pour nous faire savoir qu’il est là.
-Moine « Messieurs voici vos vêtements, le très sage Yoshio Minoru désire votre présence. Maître Kondo est passé pour vous prendre, mais vous vous reposiez. » Il s’incline vers nous reculant vers la porte pour nous y attendre.
Nous nous habillons, roulons les futons, plions les couvertures et nous dirigeons vers la porte. Le moine indiquant le chemin, nous sortons du temple pour nous escorter vers un petit pavillon. Les murs sont en panneaux translucides. Une fois que nous sommes entrés, nous voyons le moine de la veille assit sur un épais coussin derrière une table basse. Il nous fait signe de nous asseoir sur les deux coussins, face à lui. Pendant que nous prenons place, le moine fait coulisser les quatre murs, nous sommes littéralement assis sur une plate-forme dans le jardin. Il se met ensuite, à nous servir un déjeuner constitué de fruits et de sucreries.
-Minoru « Devar-san, Neuville-san, je serais des plus honorés si vous acceptiez de partager ma collation. »
-Red m’inclinant. « Nous sommes honorés d’être en votre présence. Je vous remercie de votre invitation et l’accepte. »
-Tom s’inclinant a son tour. « Merci de votre aimable invitation. » Il me regarde puis se retourne vers Minoru. « Que nous est-il arrivé hier ? »
-Minoru « Vous vous êtes manifestés lors de la méditation, les Ancêtres vous ont aidé et reconnu. La mort ne signifie rien seulement la fin d’un chapitre, dans un livre. Maintenant vous le savez comme vous savez que le soleil existe. » Il nous sourit. « Vous nous avez retrouvés, il y a longtemps que vous n’étiez pas revenu. Allez vous reprendre votre place parmi nous ? »
Nous nous regardons un peu interdit. Tom me fait un signe négatif à peine perceptible.
-Red « Malheureusement nous ne faisons que passer. Il y a de nombreux cas qui nécessitent l’intervention de gens qui peuvent agir dans le nouveau monde. »
-Minoru glousse en me regardant. « Tu ne changeras jamais, l’agent du karma dans toute sa splendeur. » Il regarde Tom. « Mon fils, tu as toujours ta trousse avec toi près à soulager les guerriers et la population. »
-Red « Vous en savez plus sur nous que nous en savons nous-même. Pouvez-vous nous expliquer ? »
-Minoru « Vous vous êtes retrouvés l’un l’autre. Vous savez que la mort n’a aucune importance. Vous savez que vous vous retrouverez encore. Que demander de plus, vous avez des tâches à accomplir. C’est le chemin que vous avez choisi. Espérons que le chapitre sera épique. »
-Tom « Vous savez qui nous avons été? »
-Minoru souriant. « Il faut quelques années pour comprendre vraiment. Avez-vous ce temps Protecteur ? »
Nous mangeons en conversant habilement. Il évite de revenir sur notre expérience, nous conviant à revenir le voir pour nous présenter un maître, un grand artiste. À treize heure, maître Kondo nous rejoint.
-Kondo « Excusez- moi de perturber votre collation. »
-Minoru « Non, vous n’interrompez rien. Nous étions anxieux de bénéficier de votre présence. » Il regarde Kondo et fait un discret oui de la tête.
-Kondo « Devar-san, sur quel mouvement de sabre avez-vous été touché ? »
J’explique les positions que nous avions au début du duel, expiant que mon adversaire a été très rapide. La première passe s’est soldée par mon abdomen et l’intérieur de sa cuisse. Nous avons repris nos gardes, moi pointant sa gorge lui en men. J’ai évité sa lame et lui ai coupé les poignets. Tom profita d’un moment de silence pour intervenir.
-Tom « Il s’est battu en duel contre un expert, avec trois côtes cassées, pour ensuite continuer à faire ce qu’il avait à faire malgré ses blessures et ses douleurs. »
-Kondo « Protecteur, votre compagnon fait ce qui est juste. Sa tâche dépasse sa personne, il a déjà sacrifié sa vie. Il ne sait tout simplement pas quand cela sera nécessaire. »
Il tend la main vers Tom, lui faisant signe de le laisser parler.
« Je lui pose ces questions pour le guider dans son entraînement, pour retarder le coup fatal. »
-Tom « Excusez-moi maître Kondo, je croyais que vous vouliez critiquer mon Sensei. Je vous en demande pardon. »
-Kondo « L’adepte a à cœur les intérêts de son Maître. Je vois que maître Devar a su être un bon enseignant et un ami. En plus d’imposer sa rétribution en tant que samurai. »
-Red « Mes gracieux seigneurs, Tom, je ne suis qu’un rônin. » Je leur souris. « Vous avez de lourdes responsabilités. Pour ma part, je ne fais que vagabonder et aider au hasard les gens qui en ont besoin. Je suis un punk dans l’âme, je ne respecte que ceux qui ont prouvé qu’ils méritent mon respect. Je mérite un peu de votre attention à cause de ce que je fais, pas à cause de ma personne.» Je vois que Tom n’est vraiment pas d’accord, mais maître Kondo prend la parole.
-Kondo « Samurai, vous ne servez pas un seigneur, personne ne vous fourni arme, armure et couvert. » Il regarde Minoru, qui, visiblement opine du chef. « Au nom de maître Takeda Tokimune, vous serez muni de l’armure qui justifiera votre station, des armes ayant une histoire vous seront fournies. Et dans nos registres, vous serez enregistré en tant que samurai, défenseur et exécuteur. » Il regarde Tom. « Protecteur, vous bénéficierez des mêmes avantages, mais serez enregistré en tant que soigneur-combattant. »
-Red « Mes armes m’ont été données par mon sensei. Elles signifient beaucoup pour moi, une grande part de mon âme accompagne ces armes. »
-Kondo « Je m’excuse. J’aurais dû savoir que vous rendriez le respect qui lui est dû à votre sensei. Vous rendez ces armes nobles et nous les acceptons en tant que tels. Accepteriez-vous qu’elles soient bénies et enregistrées, ici, dans ce temple ? »
-Red « Si le Sage Minoru daigne l’accepter, j’en serais honoré. Excusez mon audace, mais serait-il possible de bénir également les armes de mon Soigneur ? »
-Kondo « Pardonnez-moi Soigneur. Il est évident que j’incluais vos armes dans cette cérémonie. Je suis désolé si mon manque de tact vous a blessé. Le fait de vous avoir pour ce stage est une grande faveur pour nous. »
-Tom « Excusez mon impertinence, mais je préfèrerais garder les armes qui m’ont été remises par mon sensei, le Samurai Devar. »
-Kondo « Je comprends et j’approuve. Les artefacts que nous révérons, à l’origine, n’étaient que des armes avant d’avoir une histoire. Vos armes ont déjà quelques combats à leur crédit. Lequel de vous deux écrit les chroniques ? »
-Red « Personne, mais je crois que c’est moi qui devrais les tenir. »
-Kondo « N’oubliez pas de faire parvenir une copie à notre quartier général après votre mort. Et si vous n’avez pas d’héritiers, de faire parvenir vos armes aussi. Nous saurons les préserver et les honorer. Selon votre dossier à la fédération, il y a quelques semaines votre frère Andrew a commencé à suivre la voie ? »
-Red « Mes frères Andrew Devar et Jaques Seguin ont tous deux commencé à suivre la voie. J’espère sincèrement qu’ils ne suivront pas le même chemin que moi. »
-Minoru « Ne vous en faites pas Samurai, les agents du karma sont rares. Peu de gens osent suivre la voie que vous avez choisie, et plus rare encore ceux qui restent au côté de ceux-ci. » Il sourit à Tom, prenant un petit gâteau sucré pour le lui donner.
-Kondo « Vous pouvez venir vous entraîner tous les matins, à partir de neuf heure. Nous serons à votre disposition pour vous entraîner. Quand le stage commencera, vous devrez être au dojo pour neuf heure, les entraînements se termineront à seize heure, et ceci du lundi au vendredi inclusivement.»
-Red, je les salue. « Ce sera une grande joie de bénéficier de vos conseils judicieux et de votre guidance bienveillante. »
-Tom « Merci. Je suis loin de tout comprendre, mais merci tout de même. »
Minoru a un large sourire en entendant ce que dit Tom. Nous quittons le temple et Kondo nous laisse à notre hôtel. La journée a tout de même été assez aisée. Nous prenons un bain puis après avoir mangé, avant seize heure, nous nous habillons avec nos protections et nous équipons de nos matraques japonaises ainsi que de certaines de nos armes secondaires. Nous prenons le train, puis consultons la carte du métro pour trouver ce qui correspond au centre ville. Je dois avouer qu’il semble y avoir plusieurs centres névralgiques à cette mégapole. Je suis mon instinct et choisis un quartier commercial près d’un port, ce qui doit arriver arrivera. Nous marchons dans la foule, c’est encore tôt et il y a encore des employés de bureau qui sortent de leur travail. Nous voyons toutes sortes de jeunes, vaquant à leurs affaires, BCBG, Punk, Rock à Billy, Rocker et même quelques rares sujets, habillés de façon traditionnelle. Quand le jour tombe, de nombreuses enseignes tentent d’attirer les clients : des espèces de salles de jeux avec des billes de métal tombant au hasard, des salles de jeux vidéo immenses, des lumières et du bruit. Au coin d’une ruelle, un bar ou un café, je ne saurais dire. De jeunes punks, avec des Mohawks extravagants; les pics formant leur crête font jusqu’à quinze centimètres de haut, peu pratique pour un corps à corps. Les jeunes Japonais ont vraiment l’air d’enfants comparés à nous. Même Tom, qui a une magnifique baby face, a l’air plus mature qu’eux. L’homme qui vérifie les identités à la porte, jette un regard rapide à nos cartes et empoche les yens. Les clubs sont pareils partout. La musique est forte, je reconnais des pièces d’Offspring chantées avec des voix aiguës et sur un débit ultra-rapide. C’est un groupe composé de trois personnes, ils ont une épingle de sûreté à la place des boucles d’oreille, pantalon ajusté et à carreaux verts sur fond rouge à la Jimmy Rotten. Un japonais teint en blond, cela a tendance à me faire sourire. Nous nous assoyons à une table au fond, nous commandons une Bud. Chose surprenante, ils en ont. Au bout de quelques minutes, Tom me fait signe, il pointe derrière moi en me montrant quatre doigts sur sa cuisse. Je lui souris en repoussant ma chaise. Dès qu’elle n’est plus derrière moi, je pivote rapidement en sortant ma matraque. Je la tiens en main mais ne l’ouvre pas, la gardant comme si c’était un rouleau de pièces de monnaie. Un garçon de ma taille me fait face.
-Red « Pas de dégâts à l’intérieur, nous sortons tous. Quatre contre un, ça ne me pose aucun problème. » Je lui souris.
Brusquement il laisse tomber un butterfly knife dans sa main, il était dans sa manche de veste. Automatiquement j’ôte le cran de sécurité et ouvre la matraque en direction de son menton. Simultanément, je donne un coup de talon sur le dessus de son pied pour lui casser le pied droit. Le ressort ouvre la matraque avec 30 kilogrammes de pression sur 1,5 centimètres de diamètre, mon coup sur son pied porte. Il laisse tomber son arme et la suit immédiatement. Tom bondit à mes cotés, un sai dans chaque main. Il les tient par la garde, en position renversée, la lame le long de l’avant-bras, les manches vers l’avant. Cette position a l’avantage de cacher la porté à l’adversaire. Un des acolytes, armé d’un coutelas, le pointe dans ma direction. La lame ne m’a jamais approché. Tom l’a paré de son sai et a frappé le garçon sur le dessus de la tête avec le deuxième sai. L’altercation passe quasi inaperçue. Les deux autres partent sans demander leur reste. Mon gentil Tom récupère sa trousse et examine les blessés. Le garçon à qui j’ai frappé le dessus du pied est celui qui est en mauvais état. Il a le pied cassé et gémit pendant que Tom lui enlève sa botte. J’attrape celui qui voulait me caresser les côtes de sa lame et l’assoit brusquement à notre table.
-Red, ayant à parler très fort pour qu’il me comprenne en raison de la musique. « Ne bouge pas et ferme la sinon je te casse une jambe. »
-Tran « Oui, désolé. »
-Red « Soigneur comment va l’autre amateur de lame ? »
-Tom me souriant largement. « Samurai tu aurais pu éviter de lui casser le pied. La lèvre a éclaté, il n’y a rien là. » Il regarde son patient. « Hey ! Le voleur! Je peux te recoudre l’intérieur de la lèvre, si tu as assez d’endurance. Je n’ai pas d’anesthésique. »
-Wata, prenant une grande respiration. « Allons dans les toilettes nous attirerons moins l’attention. »
Tom ramasse sa besace et soutient son patient vers les toilettes. Pour ma part je ferme ma matraque et remets le coutelas à l’autre. Quand il tend la main, je l’attire vers moi et le fouille rapidement prenant son portefeuille. Je prends note de son nom et de son adresse.
-Red « Tu suis, si jamais tu as blessé ou tué un innocent, je vais te le faire payer. Maintenant allons voir si ton copain a du courage. » Je lui remets son coutelas et son portefeuille, je le regarde dans les yeux, difficile de voir s’il est nerveux.
-Tran « Allons voir. »
Nous marchons en parallèle, à un bras de distance. Nous nous gardons à l’œil. Visiblement il attend le moindre signe de faiblesse de ma part pour glisser sa lame entre mes côtes. Arrivant à la chambre de bain, je m’efface en ouvrant la porte, pour ne pas perdre la face il passe en pivotant pour me faire face. Il sursaute, prenant son arme. Quand je prends l’éventail de fer à ma ceinture, je lui souris en frappant mon avant-bras avec l’éventail. Un son sourd de deux solides qui se rencontrent. Il grimace et remet sa lame dans son fourreau. Entendant de légers gémissements, j’ouvre la porte de la stalle des handicapés. Le garçon a les mains crispées sur la lunette des wc pendant que Tom finit de lui faire un deuxième point. Je vois les yeux de Tom s’écarquiller et sa bouche s’ouvrir. Je me laisse tomber latéralement, une légère pression sur mon avant-bras gauche. Je crochète sa cheville gauche avec mon pied droit et frappe son genou gauche de mon talon du pied gauche. Sa jambe prend un angle fantaisiste. Il hurle littéralement en tombant sur le sol. Je roule sur lui et l’anesthésie d’un étranglement sanguin en collier arrière.
-Red « Tu peux continuer Soigneur. »
-Tom s’essuyant le front. « Samurai, arrête de t’amuser. »
Je me saisis de la brute épaisse et l’assois dans une des stalles. Il revient trop rapidement à lui-même.
-Red « Soigneur as-tu de quoi endormir mon sauvage, il se réveille et va gueuler encore. »
-Tom « Attend. Laisse-moi vérifier ce que j’ai. »
-Wata articulant avec difficulté. « Soigneur, dans ma veste prend une enveloppe. »
Tom repêche une petite enveloppe de plastique contenant une poudre beige. Il me regarde d’un air interrogatif.
-Red « Du smack Soigneur. »
-Tom « Du quoi ? »
-Red, je lui souris. « De l’héroïne mon ami. »
-Wata « Tu ne connais pas les affaires Soigneur. Moi qui croyais que vous vouliez nous évincer de la place. »
-Tom « Arrête de parler. Je vais essayer d’immobiliser ton pied. »
Pendant que Tom soigne le boss, j’entre dans l’autre stalle et bouche une narine du garçon inconscient mettant la poudre sous son autre narine. Il aspire un peu de la poudre mais pas assez. J’ôte ma main et lui donne un coup de genou au plexus d’une puissance moyenne. Il se plie en deux. Je le relève en mettant ma main sous son nez. Cette fois ci une bonne partie de la poudre pénètre son nez. Il ne tarde pas à éternuer.
Bon que faire maintenant? Nous avons affaire à des criminels, pas vraiment nouveau pour moi. Mais ils ont l’air de régler leurs problèmes manu militari. Font-ils cela entre eux ou abusent-ils d’innocents? Faudra voir. Ce sont des marchands de mort, à leur défense je suppose qu’ils ne forcent personne à prendre cette dépendance. Nous allons voir s’ils peuvent devenir de bons rabatteurs pour nous. Le garçon devant moi a essayé de m’occire deux fois. Je lui ai défoncé le ménisque intérieur de la jambe gauche et probablement une bonne partie des ligaments. Peut-être qu’il pourra marcher correctement un jour, cela devrait suffire. S’il a peine à tenir debout et/ou à courir, il sera un danger moins grand pour les autres. Merde! Il a coupé la manche gauche de ma veste de cuir, je vais devoir la faire remplacer.
La porte de la salle de toilettes s’ouvre. Je sors de la stalle où le garçon est affalé. Devant moi, se tient un Japonais, peut-être trente ans, c’est difficile à dire. Je cache mon steel fan le long de mon avant-bras en fermant la porte de la stalle derrière moi. Il n’a pas de réaction, il se peut qu’il n’ait pas vu. Je me dirige lentement vers les lavabos pour me laver les mains. Pendant qu’il revient de l’urinoir, un grognement s’échappe de la stalle pour handicapé, je regarde l’homme et hausse les épaules en lui souriant. Il est si surpris, qu’il sort rapidement sans se laver les mains… quel cochon! J’ouvre la porte de la stalle pour handicapé.
-Red « Tu as bientôt fini Soigneur? Nous allons attirer d’autres problèmes si nous restons ici. »
-Tom « Quelques minutes Samurai, tu ne m’as pas facilité le travail. »
-Wata « Ouch! Prends le temps qu’il te faut Soigneur. »
-Tom « Tu devras tout de même aller à l’hôpital pour des radios et probablement pour replacer tes os. Tu dois te faire poser un plâtre ou te faire immobiliser avec une orthèse de fibre plastique. »
-Red « Ton copain au coutelas a un genou de sauté, il doit aller à l’hôpital aussi. Nous allons vous aider à sortir d’ici, puis vous mettre dans un taxi.»
-Wata « Allez-vous revenir pour que nous puissions nous expliquer et savoir ce que vous faites ici ? »
-Red « Allez à l’hôpital, nous reviendrons dans deux jours. Lundi vers vingt-et-une heure. Nous parlerons, ou si vous préférez nous nous battrons encore. » J’ai un sourire qui se veut malicieux en lui disant cela.
-Wata « Il faudrait que j’ai de meilleurs soldats, et je vais perdre mon temps à me faire traiter. » Il me sourit. « Deux blancs qui se battent avec efficacité et qui s’appellent Soigneur et Samurai, hein ? »
Je lui dis de mettre ses questions sur la glace et de s’appuyer sur le Soigneur pour sortir du club. De mon côté, je traîne littéralement ma victime à l’extérieur. Nous hélons rapidement une voiture taxi et y enfournons les deux vendeurs de drogues. En marchant lentement dans le quartier, j’explique à Tom que pour survivre, nos amis, pourrait-on dire, doivent savoir le code de conduite de la rue. Ce sont des règles implicites, que nous ne pouvons comprendre au premier abord. Nos rabatteurs potentiels ne sont pas blancs comme neige et c’est tant mieux. Par eux nous pourrons juger leurs amis et ennemies. Choisir ce qui appelle notre attention. Tom me fait remarquer que de nombreuses jeunes filles, ou garçons, se tiennent par les épaules ou par la taille. Il me demande si nous sommes dans le quartier gay. Je lui réponds que je ne pense pas. Si je me souviens bien, dans cette région du monde, les démonstrations d’affection entre membres d’un même sexe ne sont pas vues comme douteuses ou signes d’homosexualité. C’est tout simplement comme un signe d’intimité et d’affection. Sans attendre, il me prend par la taille et s’appuie sur moi. Nous finissons par reprendre le métro puis le train rapide pour revenir à notre hôtel. Pendant que Tom prend sa douche, j’appelle la réception pour que l’on me réveille à cinq heure le matin. Après mes ablutions nous nous retrouvons sur un de nos futons. Tom se colle tout contre moi.
-Tom « Tu t’es amusé mon adrénaline junky? » Il m’embrasse. « Pas eu de problèmes ce soir? »
-Red « Non grâce à toi. Tu as été très efficace avec tes sai! Mais l’épais a coupé la manche de ma veste. »
-Tom « C’est toi qui lui as rendu son coutelas. »
-Red « Que veux-tu… Je fais confiance aux gens. »
-Tom « Conte cela à d’autres, tu lui as laissé assez de corde pour se pendre lui-même. »
Tom emprisonne une de mes jambes entre les siennes en m’enlaçant de ses bras. Je le sens s’assoupir entre mes bras, je développe une demi-érection, mais suis trop bien pour initier quoi que ce soit.
La sonnerie du téléphone me tire du sommeil au premier coup. Je réponds immédiatement pour éviter de réveiller mon ange. Il marmonne dans son sommeil. Je me lève et procède à mes obligations matinales. Je m’assois devant notre table basse avec l’ordi pour y débuter mes chroniques. Je commence la première partie qui concerne ma fascination pour les samurai, leurs codes et leur histoire, mon entraînement intensif, la dévotion que j’ai apportée aux principes que j’ai trouvés auprès de maître Blanc et dans les livres que j’ai lu. Rendu à ce point, une alarme se fait entendre sur mon portable. Il est six heure. Je réveille mon beau Tom en l’embrassant. Il procède à ses ablutions matinales. Nous déjeunons puis quittons pour nous rendre au dojo. Nous arrivons vers huit heure trente. Nous attendons devant les portes que les pratiquants seniors arrivent pour les ouvrir. Je suis pris en charge par l’assistant de maître Kondo et fais de l’escrime toute la matinée. Tom, avec deux autres pratiquants, perfectionne ses techniques de clef et de projection en sen no sen et en go no sen (à la saisie et à l’instant précédant la saisie). Le travail est intense. Je combats mon adversaire, mais il n’y a pas de synchronisme, ce n’est pas comme avec Tom. Mais il est très bon, ses attaques sont rapides et presque imprévisibles. J’ai beaucoup de plaisir. Nous interrompons l’entraînement à quatorze heure. Tom et moi nous nous rejoignons sous la douche. Quelques élèves finissent de s’habiller pour leurs cours. Nous avons la douche pour nous seuls. L’assistant de maître Kondo, Kano, nous informe que son maître aimerait nous rencontrer dans son bureau.
-Red « Merci Kano-san. Excusez-moi, pourriez-vous me renseigner? Je dois faire réparer ma veste de cuir. Connaissez-vous un bon artisan ? »
-Kano « Je vais me renseigner sans tarder, ne vous en faites pas Devar-san. »
-Red « Je vous serais reconnaissant de bien vouloir m’appeler Red. Vous êtes mon aîné et j’ai l’impression que vous parlez à mon père. Quand nous sommes entre nous, bien entendu, si vous agréez. »
-Tom « Et moi vous pouvez m’appeler Tom. »
-Kano « Vous m’honorez de votre amitié, vous pouvez m’appeler Kano et, pour la réparation, je vous donne une adresse avant que vous ne partiez. »
Je frappe à la porte du bureau de maître Kondo. Il est debout derrière son bureau. Dès que nous entrons, il fait le tour de celui-ci pour nous accueillir, et nous désigne des chaises. Il nous demande si nous avons des projets pour la semaine prochaine. Nous répondons que non. Nous sommes ici pour apprendre et nous perfectionner.
-Kondo « Je vous ai fait demander pour prendre vos mesures. Si vous le permettez ? »
Nous répondons qu’il n’y a pas de problème. Puis il prend un ruban à mesurer et un palm pilot pour prendre des notes. Il procède à de nombreuses mesures sur Tom et moi. Avant que nous sortions, Kano me remet une note avec l’adresse d’un mercier travaillant le cuir. Nous décidons de manger un peu pour ensuite nous y rendre. Nous savourons des sushi dans un petit restaurant près du dojo.
-Tom « Red, demain après-midi, penses-tu que nous aurons le temps de visiter les jardins du palais impérial ? »
-Red « Je ne sais pas. Je sais que nous pouvons avoir accès au palais impérial le deux janvier et à la fête de l’Empereur, mais je ne connais pas la date. Nous pourrons vérifier ce soir. »
-Tom « Selon la carte c’est au cœur de Tokyo, j’aurais cru que ce serait ouvert au public. »
-Red en souriant. « Soigneur le Tenno Aihito habite toujours le palais avec sa famille et je ne suis pas un Hatamoto.»
-Tom « Très drôle Red ce n’est pas moi qui étudie l’histoire. Explique-moi ce charabia. »
-Red je lui fais une grimace. « Tenno signifie Empereur Céleste et Hatamoto était le titre donné aux samurai servant directement le Tenno. Même si nous n’avons pas accès aux jardins nous pouvons accéder au pont Nijubashi et voir le Palais.»
-Tom « D’accord mon Samurai compris et enregistré. » Il me sourit largement.
-Red « Tom je ne saurais obéir aveuglément à un seigneur. Tu m’appelles Samurai parce que tu m’aimes et cela me rend heureux. Je sers un principe, si tu préfères, je sers la roue en substance. Je suis un rônin rien de plus, rien de moins. L’association peut me reconnaître le titre de samurai car je soutiens une tradition. Mais en soit, outre maître Takeda, lui-même descendant de samurai et héritier de la lignée du clan des Aizu, aucune personne n’a la légitimité de me prendre comme apprenti et de me reconnaître samurai. Et si maître Takeda me le proposait, je ne sais si j’accepterais de grandes responsabilités et d’encore plus grandes obligations. »
-Tom « Le premier seigneur a soudainement dit : je suis un seigneur, et a choisi certains guerriers comme étant ses adjoints. Tout cela a eu un début, ce n’était pas préexistant au monde. » Il me sourit. « Comme l’a dit Jack tu es un seigneur. Le protecteur de ceux qui n’en ont pas. Tu vagabondes pour les trouver et tu agis. Certains anges sont des anges vengeurs. Ils sont tatoués, portent des piercings et font comme s’ils avaient peu d’émotions. Ce sont les durs du ciel. » Une larme coule sur sa joue, j’ai de la difficulté à avaler, une grosse boule me serre la gorge.
-Red « Ok Tom finissons de manger et rendons nous à cette mercerie. »
C’est à une bonne distance du dojo. Cela prend plus de vingt minutes par le métro. Nous arrivons devant le commerce et j’ai l’impression que Kano s’est trompé. La devanture est étincelante, de nombreux complets et ensemble trois pièces sont exposés en vitrine. La chose qui m’incite à entrer est qu’il y a aussi des ensembles de cuir et des Perfecto très chics. À l’entrée, près d’une caisse enregistreuse, trois hommes en complet parlent. L’un d’entre eux s’approche et nous salue en anglais, je lui souris et le salue en japonais.
-Red « Monsieur, votre établissement m’a été conseillé car j’ai à faire réparer ma veste. » Je l’enlève et lui montre les dégâts.
-Vendeur « Attendez une minute s’il vous plait messieurs. »
Au bout d’environ cinq minutes, nous voyons un homme d’environ quarante ans, plus sobrement vêtu, qui s’approche.
-Anko « Vous êtes Devar-san et Neuville-san ? »
-Red « Oui. À qui avons-nous l’honneur de parler ? »
-Anko « Excusez-moi, j’ai été surpris par votre jeunesse à tous les deux. Je m’appelle Anko. Je suis le co-propriétaire de cet humble établissement.»
-Red « Voyez. C’est vraiment un travail mineur de réparation. »
-Anko « Pour bien faire, il faudrait changer la manche. Ce type de cuir est assez courant et la veste est quasi neuve. Il ne devrait pas y avoir de différence de couleurs. Ce peut être prêt pour le lundi après-midi. »
-Red « Parfait Anko-san. »
J’enlève ma veste et la lui remets. Nous passons à la caisse. Il remplit un coupon et m’indique le prix de la réparation. Nous le saluons et quittons. Nous retournons à la gare puis à l’hôtel. Nous vérifions sur le net, l’Empereur est né le 23 décembre, nous pourrions visiter les jardins du palais impérial que si nous retardions notre départ. Je demande à Tom ce qu’il en pense. Il me répond que nous aviserons, et je lui propose de téléphoner à nos familles. Il sourit à cette idée.
-Mère « Résidence Devar. »
-Red « Bonjour mom comment vas-tu ? »
-Mère « Reginald je suis contente de t’entendre! Tu appelles tôt, il n’y a pas de problème ? »
-Red « Il est dix-huit heure ici et il est sept heure au Québec selon mon ordi. Non il n’y a pas de problème. Comment allez-vous ? Comment vont pap et les petits?»
-Mère « Ton père est à Montréal, le travail, j’ai dû traîner de force Andrew et Jacques. Ils ne voulaient pas cesser leur entraînement. Une chance que M. Blanc est de mon côté. Attend, je vais réveiller les petits. »
-Jack, d’une voix essoufflée. « Bonjour Red! Dis bonjour à Tom! Comment vas-tu ? » À voix très basse. « Je m’ennuie de vous deux Maître. »
-Red « Je vais très bien, Tom aussi, vous pouvez pratiquer ce que vous avez appris ensemble Drew et toi. Je m’ennuie aussi Jack, malgré le fait que nous n’avons pas beaucoup de temps à nous. »
-Jack « Je te passe Mike, il me regarde avec des gros yeux. »
-Mike « Comment ça va Red ? En forme? As-tu vu des Geisha ? Comment c’est à Tokyo ? »
-Red « Ça va bien je suis en forme! Non nous n’avons pas été dans les endroits pour cela. C’est trois ou quatre fois plus grand que Montréal : beaucoup de personnes, une circulation intense et toutes sortes de gens. »
-Mike « Je t’embrasse et je te passe Drew, il est à demi endormi. »
-Drew, étouffant un bâillement.« Bonjour Red ça va ton voyage ? »
-Red « Oui et toi tes vacances ? »
-Drew « Excellent, M. Blanc nous a donné des boken pour que nous nous entraînions au chalet. Jack me frappe en do de façon régulière, j’arrive pas à trouver son truc. »
-Red « Demande à M. Blanc de regarder vos passes d’armes quand vous allez revenir en ville. Je suis certain qu’il pourra te conseiller. J’embrasse tout le monde, Tom aussi, prenez soin de vous. Je veux vous voir tous en revenant. »
Quand je termine mon appel Tom a déjà terminé le sien. Il me fait un sourire un peu triste et vient se blottir dans mes bras. J’active le winamp de mon ordi et mets du Offspring, je me dis que je devrais acheter des haut-parleurs pour mon portable.
-Red « Tes parents te manquent ? »
-Tom « C’est drôle… Mes parents et le Québec… leur parler m’a rendu comme nostalgique. »
-Red « Nous sommes ensemble. » Je lui caresse la mâchoire. « Tu es mon remède contre les idées sombres. » Je me penche sur lui et l’embrasse doucement puis avec de plus en plus de passion.
-Tom « Nous mangeons à l’hôtel ce soir. »
-Red « Appelle et commande. Je vais me laver. »
-Tom « Ok mais je commande du bœuf, j’en ai raz le bol du poisson. »
Je ris un peu en entendant Tom pester légèrement. C’est vrai que le poisson normalement j’en mange un à deux repas par semaine au maximum. Ça fait bizarre d’en manger aussi souvent. Quand je reviens dans la chambre Tom est en train de lire ce que j’ai écrit ce matin.
-Tom « Tu vas parler de notre rencontre ? »
-Red « Oui, mais ne t’inquiète pas, ce sera un document posthume… »
-Tom « Je ne m’en fais pas, j’ai hâte de le lire, tu vas parler de tout, de mon frère et du reste. »
-Red « Oui, le but des chroniques est de raconter les bons comme les mauvais coups pour éviter aux suivants de faire les mêmes erreurs. »
-Tom me souriant. « Il va y avoir des scènes érotiques ? »
-Red « Non ce n’est pas un document sur nos personnes mais sur nous et notre époque, ou mieux, comment nos convictions sont structurantes sur nos actions à notre époque. Techniquement et réellement, nous agissons hors la lois. Nos actes à ce jour ne tiennent pas compte des lois en vigueur. Dans l’ordre strict des choses,nous sommes des criminels, mais moralement je me sens dans mon droit. J’espère que tu es aussi confortable que moi avec ça. Quand je te regarde, quand je pense aux petits de Burlington et de St. Adèle, je suis heureux de la voie que j’ai choisie. Quand je te vois à mes cotés, fier de ta personne, de nous, je sais que nous sommes dans notre droit. Le droit de tout être libre agissant selon ses convictions. »
-Tom « Tu as raison, je vais écrire un livre sur nous. Quand nous aurons mangé, j’aurai besoin de matériel pour, qu’en penses-tu ? » Il y a une étincelle dans son regard.
Tom va prendre sa douche pendant que j’écris. Demain soir, le rendez-vous avec Wata. Nous allons arriver vers dix-huit heure et surveiller le club avant d’y entrer. Nous partirons deuxième car nous sommes très visibles et c’est leur territoire, d’un autre coté, ils devraient être confiant, même trop confiant, ça devient alors notre avantage. Ils risquent de faire des erreurs s’ils essaient de nous tromper, ou de nous tomber sur le poil. Tom sort de la douche en robe de chambre, il vient s’asseoir près de moi et regarde ce que j’écris en attendant le service de chambre. Quand ils installent notre table, je vois qu’il a commandé du bœuf braisé à la menthe et aux piments avec des cheveux d’ange et de la sauce poisson, en entrée de la soupe au bœuf et des petites pâtes, pour le dessert des gâteries traditionnelles, en partie faites à base de fleurs. Nous mangeons avec appétit. Après le repas nous déroulons un des futons, Tom m’ôte mes boxer Brief pour prendre résidence entre mes bras, sa robe de chambre s’entrouvre et laisse voir son corps. J’effleure ses mamelons, je l’embrasse, me mets à le lécher un peu partout. Au bout d’une dizaine de minutes nous produisons tous les deux une grande quantité de lubrifiant, l’excitation est forte. Tom prend une bouteille de lubrifiant dans la boite où nous rangeons les futon, il s’en enduit et m’en recouvre pendant que je lui mordille le cou et les oreilles, je joue avec les anneaux qui ornent son oreille gauche. Nous nous installons sur le côté droit, il lève la jambe gauche pour me donner accès. La pénétration est moins profonde dans cette position et l’angle pour frapper sa prostate n’est pas le même. Après quelques ajustements, nous nous aimons sur un rythme lent. J’ai accès, avec ma main gauche à ses mamelons et à son magnifique pénis. Quand il tourne la tête sur le coté nous nous embrassons. Son corps est appuyé sur moi, je peux sentir la tension qui monte en lui. Nous arrêtons à plusieurs reprises nos mouvements et jouissons de notre chaleur, baignant nos corps l’un dans l’autre pour ensuite reprendre les mouvements menant à l’extase, la jouissance. À cinq reprises nous nous arrêtons au seuil, puis le calme revenu nous remontons vers l’extase pour la refuser. Douce torture. Nous suons et nos sensibilités deviennent exacerbées, j’entends mon beau Tom geindre. Je veux tellement jouir que je grince des dents. J’explose et je sens Tom relâcher son sperme dans ma main, de grands spasmes traversant son corps à de nombreuses reprises. Je ne pense même pas à parler de lavage, je sombre dans un sommeil heureux tenant mon ange entre mes bras. C’est lui l’ange, le vrai.